Relever la barre de la sécurité des personnes : Programme de rénovation de la ville de Vancouver Nord pour les bâtiments résidentiels à logements multiples construits avant 1992
David Owens Chef adjoint, service d’incendie de la ville de Vancouver Nord

En 2011, la ville de Vancouver Nord (la Ville) a adopté un règlement municipal visant à améliorer considérablement la sécurité incendie dans plus de 300 bâtiments résidentiels à logements multiples à ossature de bois construits avant 1992. Ces bâtiments, dont la plupart sont des logements locatifs abordables, ont été construits à une époque où les exigences en matière de protection contre les incendies étaient minimes. Le profil de risque était indéniable : bâtiments vieillissants, population vieillissante et plusieurs incendies tragiques ont conduit à repenser complètement la protection incendie dans les bâtiments résidentiels existants.
Une série d’incendies majeurs entre 2008 et 2009, qui ont fait quatre morts, a poussé la Ville à agir. Les enquêtes ont démontré que les lacunes concernant la détection précoce et la notification ont contribué à la gravité de ces événements. La Ville a réagi en lançant un processus de trois ans fondé sur des données probantes, comprenant un groupe de travail, une consultation publique, une étude de triple résultat, un examen juridique et une collaboration avec le Bureau du commissaire des incendies. Le résultat était une stratégie claire et réalisable qui a permis d’élever le niveau de base de la protection contre les incendies sans compromettre la viabilité des logements locatifs plus anciens.

L’un des points forts les plus remarquables du programme était son équilibre politique. Si l’installation complète de systèmes d’extincteurs automatiques offrait le niveau de protection le plus élevé, elle entraînait toutefois des coûts prohibitifs et des perturbations importantes, menaçant de démolir des bâtiments à logements abordables que la Ville souhaitait préserver. Au lieu de cela, la Ville a exigé un système d’alarme incendie surveillé avec détection de chaleur dans les logements, améliorant considérablement la sécurité des personnes grâce à une détection plus rapide, à une notification plus précoce et à une réduction des délais d’intervention du service d’incendie.
L’étude de triple résultat a orienté la prise de décision en évaluant les options de rénovation (avertisseurs de fumée, systèmes d’alarme incendie surveillés, extincteurs automatiques) sous l’angle social, économique et environnemental. Les rénovations visant à installer des systèmes d'alarme incendie surveillés avaient le potentiel de réduire considérablement le nombre attendu de décès, de blessures et de déplacements, soit la deuxième solution après les systèmes de gicleurs, mais à un coût bien moindre. Cette approche a permis à la Ville d’apporter des améliorations importantes en matière de sécurité des personnes sans compromettre l’accessibilité au logement.
The Life Safety Upgrade Bylaw applied to 301 pre‑1992 wood‑frame buildings already equipped with fire alarm systems (townhouses were excluded). To avoid overwhelming local engineers and contractors, and to provide building owners and Strata’s to properly budget for the upgrade, The City structured a phased compliance timeline: building owners were required to apply for upgrade permits by January 1, 2014, and complete the work by January 1, 2016. Communication was extensive and personal, utilizing registered letters, hand‑delivered notices, and direct engagement during routine annual fire inspections.
The program’s technical requirements were clearly defined: substantial compliance with the 2006 BC Building Code for fire alarm performance, ULC‑listed system monitoring, in‑suite heat detection, audibility throughout the building including within suites, and professional engineering design and verification. Additional provisions included heat detection in unsprinklered parkades, annunciators at main entrances, and updated fire safety plans.
The program achieved a remarkable 88 percent voluntary compliance rate within the goal timeline. Out of 301 buildings, 254 completed upgrades, and 10 were redeveloped—leaving 37 requiring further enforcement. The City implemented a four‑tiered enforcement strategy: ticketing for non‑compliance, Notices of Pending Enforcement Action, Council‑issued Remedial Action Orders, and, if required, Supreme Court injunctions. By 2018, the Life Safety Upgrade was completed in all 301 buildings.

Le règlement municipal visant à améliorer la sécurité des personnes (Life Safety Upgrade Bylaw) s’appliquait à 301 bâtiments à ossature de bois construits avant 1992 et déjà équipés de systèmes d’alarme incendie (à l’exception des maisons en rangée). Afin d’éviter de surcharger les ingénieurs et les entrepreneurs locaux, et de permettre aux propriétaires de bâtiments et aux syndicats de copropriété de prévoir un budget adéquat pour la rénovation, la Ville a établi un calendrier de mise en conformité par étapes : les propriétaires de bâtiments devaient demander un permis de rénovation avant le 1er janvier 2014 et terminer les travaux avant le 1er janvier 2016. La communication était exhaustive et personnalisée, utilisant des lettres recommandées, des avis remis en mains propres et un engagement direct lors des inspections incendie annuelles de routine.
Les exigences techniques du programme étaient clairement définies : conformité substantielle au Code du bâtiment de la Colombie-Britannique de 2006 concernant le rendement du système d’alarme incendie, surveillance du système homologuée ULC, détection de chaleur dans les logements, audibilité dans tout le bâtiment, y compris dans les logements, et conception et vérification techniques professionnelles. Des dispositions supplémentaires concernaient la détection de chaleur dans les stationnements non équipés de gicleurs, les annonciateurs aux entrées principales et la mise à jour des plans de sécurité incendie.
Le programme a atteint un taux de conformité volontaire remarquable de 88 % dans les délais fixés. Sur les 301 bâtiments, 254 ont été rénovés et 10 ont été réaménagés, ce qui laisse 37 bâtiments nécessitant encore des travaux. La Ville a mis en œuvre une stratégie d’application de la loi en quatre volets : contraventions pour non-conformité, avis de mesures coercitives en attente, ordonnances de mesures correctives émises par le conseil municipal et, si nécessaire, injonctions de la Cour suprême. En 2018, les travaux de rénovation pour améliorer la sécurité des personnes ont été achevés dans les 301 bâtiments.
Des histoires de réussite ont rapidement fait surface. Les incendies qui se sont déclarés dans des bâtiments rénovés ont causé des dommages minimes, ont permis une évacuation rapide et, surtout, n’ont fait ni blessé ni mort. Ces incidents ont validé les objectifs du programme et renforcé l’importance d’une détection précoce et d’un système d’alarme surveillé homologué ULC pour une intervention plus rapide.
Depuis l’achèvement du programme, la Ville a continué à renforcer la collecte et l’analyse des données. Même s’il reste difficile de recueillir des données datant d’il y a 10 à 15 ans en raison des limites des rapports historiques, plusieurs résultats mesurables illustrent clairement l’impact du programme. On constate une diminution notable des incendies graves dans les bâtiments résidentiels de trois étages sans ascenseur de la Ville, des structures historiquement surreprésentées dans les incendies graves. Bien que les données plus anciennes rendent difficile toute comparaison à long terme, la tendance observée depuis 2016 montre une diminution du nombre d’incendies importants dans ces bâtiments vulnérables.
L’un des indicateurs les plus évidents du succès de cette initiative est la réduction substantielle du nombre de victimes d’incendies. De 1990 à 2009, la Ville a enregistré sept décès et 41 blessés dans des incendies survenus dans des bâtiments résidentiels construits avant 1992. Depuis que le programme de rénovation visant à améliorer la sécurité des personnes a été achevé en grande partie en 2016, un décès et huit blessés ont été enregistrés au cours des neuf années qui ont suivi. L’activation plus rapide des systèmes, l’amélioration des alertes aux résidents et l’arrivée plus rapide des pompiers contribuent tous à cette amélioration des résultats en matière de sécurité.
Depuis l’achèvement du programme, la Ville a continué à renforcer la collecte et l’analyse des données. Même s’il reste difficile de recueillir des données datant d’il y a 10 à 15 ans en raison des limites des rapports historiques, plusieurs résultats mesurables illustrent clairement l’impact du programme. On constate une diminution notable des incendies graves dans les bâtiments résidentiels de trois étages sans ascenseur de la Ville, des structures historiquement surreprésentées dans les incendies graves. Bien que les données plus anciennes rendent difficile toute comparaison à long terme, la tendance observée depuis 2016 montre une diminution du nombre d’incendies importants dans ces bâtiments vulnérables.
L’un des indicateurs les plus évidents du succès de cette initiative est la réduction substantielle du nombre de victimes d’incendies. De 1990 à 2009, la Ville a enregistré sept décès et 41 blessés dans des incendies survenus dans des bâtiments résidentiels construits avant 1992. Depuis que le programme de rénovation visant à améliorer la sécurité des personnes a été achevé en grande partie en 2016, un décès et huit blessés ont été enregistrés au cours des neuf années qui ont suivi. L’activation plus rapide des systèmes, l’amélioration des alertes aux résidents et l’arrivée plus rapide des pompiers contribuent tous à cette amélioration des résultats en matière de sécurité.
Pour les autres provinces et territoires qui envisagent des initiatives similaires, l’expérience de la Ville offre des leçons importantes : fonder les décisions sur des données réelles relatives aux incidents; choisir une norme minimale réalisable qui améliore considérablement la sécurité; communiquer tôt et souvent; définir clairement les attentes techniques; soutenir les propriétaires tout au long du processus de demande et d’installation, et réserver l’application de la loi à la minorité qui ne réagit pas à l’éducation et à la sensibilisation.
Le programme de rénovation visant à améliorer la sécurité des personnes est un modèle qui montre comment une municipalité peut réduire systématiquement les risques d’incendie dans l’ensemble d’un parc immobilier résidentiel vieillissant. La ville de Vancouver Nord a réalisé des améliorations significatives en matière de sécurité des personnes, réduit les déplacements, renforcé la résilience et préservé les logements abordables, tout en créant un cadre évolutif et fondé sur des données probantes qui peut être reproduit partout au Canada.

Biographie
David Owens s’est joint à la ville de Vancouver Nord en 1996 et a travaillé en vue d’obtenir le statut de Registered Building Official (RBO) auprès de la Building Officials Association of BC. David a travaillé comme vérificateur de plans et inspecteur des bâtiments pour la ville jusqu’en 2005, date à laquelle il a été affecté au service d’incendie pour travailler dans la division de la prévention des incendies. David a été nommé lieutenant, puis, en 2012, il a été promu au poste de chef adjoint du service d’incendie, prévention. En 2021, David a été promu chef adjoint du service d’incendie, prévention et sécurité publique.
David est inspecteur incendie certifié par la NPFA, enquêteur incendie, examinateur de plans et responsable du service de bâtiment de niveau 3 de la BOABC. Il possède plus de 29 ans d’expérience dans les domaines de l’inspection municipale des bâtiments et des incendies.
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