Le héros méconnu de tout système d’alarme incendie : voici la batterie

Chris Ramenda Directeur technique national, Onyx-Fire Protection Services Inc.

Lorsque la plupart des techniciens en alarme incendie s’approchent d’un panneau de contrôle, leur attention se tourne naturellement vers les composants électroniques, la programmation, les dispositifs de terrain et le dépannage. Après tout, c’est le panneau la vedette ici. Cependant, caché tout au fond de l’armoire, se trouve un composant qui ne fait guère l’objet d’éloges, sauf lorsque quelque chose tourne mal. Vous l’avez deviné. La batterie.

Considérez la batterie comme le batteur d’un groupe de rock. En général, personne n’y prête attention tant que tout va bien, mais dès qu’il cesse de faire son travail, tout le monde s’en rend compte.

La batterie d’un système d’alarme incendie a une mission essentielle : être prête à fonctionner quand personne ne s’y attend. Contrairement à la batterie d’une perceuse sans fil ou d’une trottinette, qui subit régulièrement des cycles de charge et de décharge, les batteries des systèmes d’alarme incendie mènent une existence relativement tranquille. La plupart passent des années à rester patiemment en veille, attendant une panne de courant pour prouver leur utilité.

À l’intérieur de chaque batterie au plomb-acide scellée se trouve un petit système de stockage d’énergie chimique. Les plaques positives et négatives sont séparées par des séparateurs isolants poreux et sont en contact avec un électrolyte composé d’acide sulfurique et d’eau. L’électrolyte provoque des réactions électrochimiques qui stockent de l’énergie pendant la charge et libèrent de l’énergie électrique pendant la décharge. Lorsque la batterie est connectée à une charge, les électrons circulent dans le circuit externe et fournissent de l’énergie. Lorsque l’alimentation électrique principale est rétablie, le poste de contrôle d’alarme incendie recharge la batterie en inversant la réaction électrochimique. C’est essentiellement la chimie qui assure la sécurité des personnes.

Une des plus grandes erreurs dans ce secteur, c’est de croire qu’une batterie qui affiche 12 volts est forcément une bonne batterie. Ce n’est pas nécessairement vrai. Une batterie peut afficher une tension appropriée, tout en étant incapable de fournir la capacité en ampères-heure (Ah) requise lors d’une situation d’urgence réelle. C’est pourquoi il est si important de procéder correctement aux essais et à la validation de la charge. La tension raconte une partie de l’histoire, la capacité raconte le reste.

Les batteries connectées en série augmentent la tension, tout en maintenant la même capacité en ampères-heure. Les batteries connectées en parallèle augmentent la capacité, tout en maintenant la même tension. Il ne faut pas mélanger des batteries de tailles, de capacités, d’âges ou de caractéristiques nominales différents, car cela pourrait aller à l’encontre des exigences du fabricant (ce qui constitue une non-conformité), entraîner une charge et une décharge inégales, réduire le rendement, provoquer une défaillance prématurée et créer un risque pour la sécurité.

La température est un autre facteur qui influence discrètement le rendement de la batterie. Habituellement, les batteries aiment les mêmes environnements que nous. Ni trop chaud, ni trop froid. En règle générale, la durée de vie d’une batterie diminue lorsque la température dépasse les conditions nominales indiquées par le fabricant. En revanche, les températures froides réduiront considérablement la capacité disponible. À −20 °C, certaines batteries perdent environ 35 % de leur capacité, même si le rendement réel dépend de la conception de la batterie, de son état de charge, de son taux de décharge et du fabricant. Tout comme les techniciens, les batteries n’apprécient pas toujours les conditions météorologiques extrêmes.

Vient ensuite l’inspection visuelle. Parfois, les indices sont évidents. Une batterie qui présente un renflement, des fissures, des fuites, des traces de corrosion ou qui est anormalement chaude par rapport à la température ambiante et aux batteries à proximité agite son drapeau rouge et réclame ses papiers de retraite. Même si les batteries au plomb-acide scellées modernes sont remarquablement fiables, elles vieillissent et se détériorent tout de même au fil du temps. Prendre quelques instants supplémentaires pour les inspecter peut vous éviter de gros soucis par la suite et vous aider à respecter les exigences d’inspection applicables.

Les codes et les normes nous rappellent que les batteries ne sont pas de simples accessoires. Il s’agit de composants obligatoires de l’alimentation électrique de secours. Elles doivent être accessibles, correctement installées, entretenues et étiquetées avec une date de mise en service. Même les installations équipées de groupes électrogènes de secours dépendent toujours de batteries pour éviter toute interruption du fonctionnement du système d’alarme incendie lors du basculement de l’alimentation normale vers l’alimentation de secours. Lorsque le code ou la norme applicable le permet, et lorsqu’un groupe électrogène de secours homologué alimente le système d’alarme incendie, la capacité requise de la batterie de secours peut être réduite à quatre (4) heures de fonctionnement de secours, à condition que le système soit conçu en conséquence par le professionnel responsable de la conception et que cette conception soit dûment documentée. Toutefois, cette approche n’est pas toujours recommandée, car les techniciens de service peuvent ne pas connaître l’historique de la conception du système, les raisons et la documentation à l’origine de cette conception ne sont pas toujours clairement consignées ni facilement accessibles. Il convient de toujours vérifier l’édition applicable du code, les instructions du fabricant, la documentation de conception approuvée et les exigences de l’autorité compétente.

Les éditions actuelles des normes CAN/ULC-S536 et CAN/ULC-S537 proposent trois options pour les essais de batteries, dont le plus récent essai silencieux accéléré. Quand j’ai entendu parler de cet essai pour la première fois, je dois avouer que je n’étais pas convaincu, jusqu’à ce que je comprenne vraiment ce que cet essai était censé démontrer. L’essai silencieux accéléré fournit une référence fondée sur des données reproductibles et vérifiables, ce qui aide les techniciens à appliquer une méthode d’essai cohérente. J’ai créé l’image ci-dessous à l’aide de la fonction d’enregistrement des données de mon multimètre, qui illustre une courbe de réponse caractéristique typique d’un jeu de batteries en bon état. Une chute de tension initiale suivie d’une légère reprise correspond à la réponse attendue dans le cas d’un contact de passage. Les techniciens doivent appliquer les critères d’acceptation figurant dans l’édition applicable de la norme et suivre les instructions du fabricant de l’équipement.

En résumé, la prochaine fois que vous effectuerez l’entretien d’un panneau d’alarme incendie, prenez un instant pour admirer ces deux blocs rectangulaires logés dans l’armoire. Les batteries ne sont peut-être pas très glamour, mais ce sont les héros méconnus derrière le panneau. Elles montent la garde 24 heures sur 24, 365 jours par année, en attendant leur heure de gloire.

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